Origine du projet

Depuis la fin des années 2000, Prilly développe une politique de cohésion sociale. Dans un contexte de croissance urbanistique et démographique, la Commune souhaite renforcer le bien-être physique, psychique et social de la population, en prenant en compte l’ensemble des âges.
En novembre 2023, le Conseil communal a accepté le recours à la méthodologie Cause Commune pour le quartier Nord sur deux ans (1er janvier 2024 – 31 décembre 2025). Le projet a été nommé « Mon quartier, ma voix » (MQMV). Il s’inscrit dans le Préavis n°7/2023 (crédit de 125’000 CHF), avec un soutien de la Fondation Leenaards (60’000 CHF) et un accompagnement scientifique de l’Université de Lausanne (Centre LIVES-Cause Commune et Unité sciences citoyennes et participatives), en lien avec les dynamiques cantonales.

Contribution des partenaires UNIL – Cause Commune

Un des objectifs du projet initial soumis à la Fondation Leenaards était de transférer une partie de la démarche Cause Commune réalisée à Chavannes-près-Renens et certains outils facilitant la participation active des habitant-e-s à moindre coût par rapport au projet réalisé à Chavannes-près-Renens.

Une des originalités de cette démarche est de proposer un espace de recherche et action collaborative entre le service de la cohésion sociale et des académiques de l’UNIL apportant leurs méthodes et expertises. À noter qu’il était clair que le projet avait une visée appliquée (répondre aux besoins de la commune et du service de la cohésion sociale de Prilly) et que les apports pour l’UNIL seraient à considérer du côté de la formation des étudiant-e-s à la recherche et à la gestion de projet. Ces éléments ont été explicités dans une convention signée par les parties.

Dès lors, en ce qui concerne les partenaires de l’UNIL, leur activité s’est concentrée sur trois points :

  • Échanger, conseiller et soutenir la responsable du projet dans ses démarches (diagnostic, Table de développement social) auprès des différents acteurs locaux
  • Développer des outils de diagnostic et les tester à l’aide des étudiant·es engagé·es dans les cours susmentionnés, dans un stage ou réalisant un mémoire de Master. La collaboration avec Prilly a permis à plusieurs étudiant·es d’être aidé·es dans leur insertion sur leur terrain d’étude ou de réaliser un stage crédité. Elle a également permis de mettre en collaboration les deux cours (en psychologie/sciences sociales et en géographie et durabilité) qui ont présentés les résultats de leur travail en présence d’un municipal, de responsables et collaborateur·ices de différents services de la commune de Prilly et d’échanger directement avec elles et eux. Un moment qui a été grandement apprécié des deux côtés.
  • Développer un outil d’évaluation et d’analyse de la Table de Développement social sous forme de questionnaires remplis à différents moments par les participant·es.

La collaboration entre acteur·ices académiques et de la commune a permis d’approfondir les possibilités de transfert. Un réseau UNIL interdisciplinaire (sciences sociales psychologie, géographie sociale, experts des démarches participatives) ad hoc a été mis en place avec la participation notamment d’Alexandre Camus et Christophe Mager. La collaboration, comme souligné, a également été un espace d’apprentissage pour des étudiant·e·s de Master et de développement d’outils très stimulant et formateur grâce à l’ouverture et le soutien de la commune. 

Réalisations 2024-2025

Entre 2024 et 2025, MQMV a permis à la Ville de Prilly de conduire un diagnostic participatif approfondi du Nord de Prilly, tout en structurant progressivement une action communale cohérente en matière de cohésion sociale.

  1. Mise en œuvre d’un diagnostic participatif (2024-2025)
    • Questionnaire grand public : 200 réponses (18+), diffusé par publipostage aux foyers de Prilly Nord.
    • Questionnaire 12-25 ans : 229 réponses (principalement 12-15 ans via l’école ; 16-25 ans plus difficiles à atteindre).
    • Démarche qualitative et socio-spatiale (en lien avec l’UNIL) : marches sensibles, entretiens qualitatifs (notamment auprès d’aînés), cartographies (cartes sensibles / cartes SIG), analyse documentaire, et exploitation des observations consignées dans le journal de bord.
    • Plusieurs dispositifs initialement envisagés n’ont pas pu être réalisés (notamment 7-11 ans, certains publics allophones/migrants, workshops en soirée, etc.), faute de temps et de ressources.

  2. Production d’un Portrait-diagnostic (2024-2025)

    Les données récoltées ont été compilées dans un portrait-diagnostic contextualisé. Des constats forts en ressortent, notamment :
    • un attachement marqué au quartier et à son cadre de vie,
    • des besoins de convivialité et de rencontres (familles, jeunes, aînés, personnes isolées),
    • un manque de lieux « intermédiaires » accessibles, informels et peu coûteux,
    • un déficit de lisibilité de l’offre existante (services, actions, activités),
    • une demande d’activités plus régulières et variées (culture, sport, santé, environnement, vie de quartier).

  3. Gouvernance et structuration de la cohésion sociale

    MQMV n’a pas été uniquement un projet participatif : la démarche a aussi servi de chantier de structuration de la cohésion sociale communale, en articulant dispositifs existants, politiques cantonales et partenariats.
    La gouvernance s’est organisée autour de plusieurs instances, dont :
    • un Comité de coordination Ville–UNIL,
    • un COPIL avec partenaires cantonaux et Fondation Leenaards,
    • un cadre cantonal formalisé (accord-cadre précisant rôles, livrables et modalités de collaboration),
    • et la création d’une Table de développement social (TDS), instance multipartite réunissant acteurs institutionnels, associations et habitant·e·s (séances clés en 2025 : 15 mai et 21 août).

  4. Actions de terrain et convergences

    En parallèle du diagnostic, la Ville a consolidé des actions contribuant directement au lien social : relance et coordination des Quartiers solidaires sur son territoire, actions communautaires et seniors, projets jeunesse « hors les murs », mise en réseau d’associations et partenaires, et intégration d’enjeux transversaux (santé communautaire, mobilité, sécurité, etc.).

    En juin 2024, la Ville obtient le label « Commune en santé », qui devient un axe structurant en synergie avec MQMV.

  5. Rayonnement et apprentissages

    La démarche a été présentée dans différents espaces cantonaux et nationaux (promotion de la santé, santé mentale, santé dans toutes les politiques, etc.) et contribue aux réflexions sur la transférabilité de démarches communautaires. Elle alimente également des travaux cantonaux autour des besoins des communes en matière de promotion de la santé et de cohésion sociale (enquête BeComES – Unisanté).

Perspectives (dès 2026)

La phase suivante vise la mise en place d’une politique de développement social et d’un plan d’action, recentré sur un nombre limité d’interventions concrètes, compatibles avec les ressources disponibles, pour maintenir la dynamique sans créer de dépendance structurelle.

Logo de Cause Commune à Prilly

Responsable du projet 

Aude Mary, cheffe de projet en cohésion sociale à la Ville de Prilly en collaboration avec Choffat Dietrich, chef de service